Une année de césure, oui si … !

25 juin 2020
L’année de césure est une période pendant laquelle un étudiant suspend temporairement ses études supérieures dans le but d'acquérir une expérience professionnelle et/ou personnelle complémentaire.

L’année de césure est une période pendant laquelle un étudiant suspend temporairement ses études supérieures dans le but d’acquérir une expérience professionnelle et/ou personnelle complémentaire.

L’objectif est de permettre aux étudiants d’enrichir leur parcours universitaire par la réalisation de stages supplémentaires en entreprise, d’un séjour à l’étranger ou la réalisation d’un projet plus personnel, service civique, volontariat, ou encore le suivi d’études dans une formation différente.

L’année de césure est encadrée par une circulaire ministérielle du 22 juillet 2015, qui en précise les modalités de déroulement.

L’année de césure permet de garder son statut d’étudiant, à charge pour celui-ci de s’inscrire dans son université ou son école pendant cette période. En principe, les droits d’inscription sont réduits pendant cette année.

Initiée par les écoles de commerce, relayée par celles d’ingénieurs, l’année de césure est aujourd’hui intégrée officiellement dans tous les parcours universitaires. Elle est cependant utilisée de façon variable selon le type d’établissement et de formation.

Comment construire son projet d’année de césure ?

L’année de césure est validée par l’établissement au vu de son intérêt pour l’étudiant, de sa pertinence avec son projet professionnel ou personnel, et de sa réalité. En effet, on ne parle pas ici d’année sabbatique, mais bien d’une année d’enrichissement qui doit apporter une valeur ajoutée à l’étudiant. Il est donc important de bien réfléchir à son projet, de le formuler en termes d’acquisition de compétences, de l’anticiper en recherchant bien avant sa date un stage, une action, un emploi afin de présenter à l’établissement un projet solide, construit et réaliste. Pour les stages et/ou expériences à l’étranger, il est également opportun d’en définir le coût.

La réalité du projet est d’autant plus importante que l’année de césure peut être assortie de crédits ECTS, ou d’une autre forme de validation.

Quelques questions à se poser pour construire son projet d’année de césure :

Qu’est ce qu’il me manque dans mon parcours d’études : savoir, compétence, soft skills ?

Quelle(s) action(s) entreprendre pour me différencier des autres futurs diplômés et optimiser mon insertion professionnelle ?

Au regard de mon projet professionnel, quelle formation pourrait compléter intelligemment mon parcours, voire me donner une double compétence qui me sera utile dans mon projet professionnel ?

Quelles actions mener pourrais-je entreprendre pour conforter /  valider / infirmer des choix de parcours et de projet professionnel ?

A titre personnel, comment me mettre au service d’une cause qui me tient à cœur tout en enrichissant mon CV ?

A quel moment de son parcours d’études partir ?

Les départs en année de césure se situent rarement en première année d’études supérieures mais davantage en milieu de cursus, voire entre le master 1 et le master 2.

En effet, au terme d’une première étape de parcours universitaire et d’expériences de stages, en fin de licence par exemple, le jeune est à même de faire un premier point sur ce qu’il a appris, sur les matières qu’il aime et pour lesquels il a des talents, sur des secteurs d’activité qui le motivent … Entre deux cycles, il est aussi à la croisée de chemins différents qu’il peut emprunter pour finaliser son parcours et qui méritent réflexion. La césure peut alors donner l’occasion au jeune de prendre un temps de réflexion en explorant d’autres chemins et en se connaissant mieux lui-même.

Enfin, souvent, un stage de longue durée (formule la plus choisie en césure) sur un métier ou dans un secteur d’activité permet de valider ou d’infirmer des choix. L’année de césure permet dans ce cas au jeune d’éclaircir son projet ou de lui donner une autre voie.

Quels bénéfices en tirer ?

Les bénéfices peuvent être variables en fonction de chaque étudiant, car, par principe, chaque projet est propre à chacun. Valeur ajoutée personnelle ou professionnelle, peu importe dès l’instant où la césure est constructive et enrichit l’étudiant.

Perfectionner son anglais via un stage à l’étranger, se dévouer à une cause en accomplissant une mission d’intérêt général, participer à une formation pour diversifier son parcours et éclairer son projet professionnel … toutes ces actions doivent permettre à l’étudiant de murir et optimiser son avenir professionnel, au jeune adulte de devenir un citoyen et de trouver sa place.

En termes d’insertion professionnelle, l’année de césure concrétisée par un ou deux stage(s) de longue durée (6-12 mois)  ou un emploi renforce l’expérience demandée par les entreprises aux candidats jeunes diplômés.

Quels sont les risques d’une césure ?

Mal préparée, non construite ou mal comprise dans son objectif, l’année de césure peut-être contre-productive et mettre à mal le parcours de l’élève et son insertion professionnelle.

En effet, les entreprises attendent une valeur ajoutée à cette expérience dans le parcours et la personnalité du jeune, notamment ceux issus des écoles de commerce où elle est très répandue.

Qu’avez-vous fait pendant cette année ? Quels bénéfices en tirez-vous à titre personnel et professionnel ? Quelle est aujourd’hui votre valeur ajoutée par rapport à vos camarades de promotion ? En quoi êtes-vous différent, plus riche après cette expérience ?…  sont forcément des questions récurrentes des recruteurs, qui se méfient du caractère parfois léger et à la limite de l’année sabbatique que peut revêtir cette année de césure.

Il est clair que si le jeune n’a pas rempli cette année avec des expériences tangibles, avec un résultat opérationnel, cette expérience le pénalisera.

En conclusion, une année de césure, oui, si le jeune s’y investit pleinement et la prépare avec le même sérieux qu’il prépare la poursuite de ses études et son insertion professionnelle.

L'auteur
Elisabeth Laurent est responsable des partenariats et coordinatrice internationale chez Acadomia. Elle met en place des solutions éducatives pour les villes, bailleurs sociaux, grandes écoles et entreprises, et pour les familles expatriées à l’étranger.
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Elisabeth Laurent est responsable des partenariats et coordinatrice internationale chez Acadomia. Elle met en place des solutions éducatives pour les villes, bailleurs sociaux, grandes écoles et entreprises, et pour les familles expatriées à l’étranger.

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