Tout savoir sur la réforme du bac

Article mis à jour le 9 mars 2020
Quels sont les principaux changements apportés par la réforme ?

Pourquoi cette réforme ?

Cette réforme est motivée par deux raisons principales :

  • Tout d’abord, les difficultés rencontrées par les néo-bacheliers à l’université, vers laquelle s’oriente une large majorité de diplômés : 50 à 60 % d’entre eux échouent lors de leur première année de licence, signe que la scolarité au lycée ne les a pas suffisamment préparés aux exigences du supérieur.
  • Ensuite, le nombre important d’épreuves terminales composant l’examen – il est bien inférieur chez nos voisins européens – ,examen qui ne laisse aucune part au contrôle continu. Par ailleurs, l’organisation des examens est une charge lourde pour les établissements.

L’objectif principal de la réforme est donc d’alléger l’examen du bac mais aussi et surtout de mieux accompagner les lycéens vers l’enseignement supérieur.

Quels sont les principaux changements apportés par la réforme ?

C’est d’abord la scolarité au lycée qui est bouleversée, avec la disparition des séries en première et en terminale générales : les élèves de seconde souhaitant rejoindre la voie générale doivent désormais choisir les trois enseignements de spécialité qu’ils souhaitent suivre en première, l’un d’entre eux devant ensuite être abandonné en terminale ; ces spécialités viennent s’ajouter à un enseignement de tronc commun.

En ce qui concerne le baccalauréat, l’introduction du contrôle continu fait figure de grande nouveauté : l’examen terminal s’en trouve allégé, avec un nombre d’épreuves finales diminué.

De quelle manière va être évalué le nouveau baccalauréat ?

Le baccalauréat est désormais évalué à 40 % sur un contrôle continu portant sur les années de première et de terminale et à 60 % sur les épreuves finales organisées lors de ces deux années. Ces épreuves finales concernent le français en première, les deux enseignements de spécialité, la philosophie et un grand oral en terminale.

En quoi consiste le contrôle continu du nouveau bac ?

La part de contrôle continu, qui vise à prendre en compte la régularité du travail effectué par le candidat en première et en terminale, représente 40 % de la note finale : 10 % pour la prise en compte des bulletins scolaires dans toute les disciplines et 30 % pour les notes obtenues lors d’épreuves de contrôle continu organisées en première et en terminale.

Quand et comment sont organisées les épreuves communes ?

Les épreuves communes de contrôle continu (ou E3C) sont des devoirs sur table en temps limité, sur le modèle des examens blancs déjà familiers aux lycéens. Elles sont organisées en trois sessions successives : deux en classe de première (au cours des 2e et 3e trimestre) et une en terminale (au 3e trimestre), à des dates fixées par l’établissement. Les sujets de chaque épreuve sont également choisis par l’établissement dans une banque nationale de sujets. Les copies, anonymisées comme pour tout examen, sont confiées à des enseignants autres que ceux de l’élève.

Toutes les disciplines qui ne font pas l’objet d’un examen final sont concernées par ces épreuves, mais toutes ne sont pas présentes à chaque session :

  • L’histoire-géographie, les deux langues vivantes et les mathématiques (pour les séries technologiques) sont évaluées à chacune des trois sessions. La note finale est calculée à partir de la moyenne des trois résultats obtenus.
  • L’enseignement scientifique est évalué lors de la deuxième et de la troisième session d’épreuves communes. La note finale est calculée à partir de la moyenne des deux résultats obtenus.
  • L’enseignement de spécialité suivi uniquement en 1re fait l’objet d’une seule épreuve, lors de la session organisée au 3e trimestre de l’année de 1re.

Comment choisir quoi faire après le bac ?

Réfléchir à son projet post bac est indispensable, et ce dès la seconde, puisque le choix des spécialités va conditionner en grande partie les possibilités d’orientation dans le supérieur : ce choix doit donc être étroitement lié à la construction du projet d’études. Plusieurs dispositifs peuvent faciliter cette réflexion, notamment :

  • Le site Horizon 2021, qui permet aux élèves de seconde et de première de tester les combinaisons de spécialités envisageables en première et en terminale, afin de savoir à quelles formations ou métiers elles peuvent mener.
  • La plateforme Parcoursup, qui permet de prendre notamment connaissance des attendus et des débouchés professionnels des formations envisagées.
  • Le site de l’Onisep, qui comporte de nombreuses rubriques destinées à faciliter les choix d’orientation.

Bien sûr, il existe des solutions en dehors d’Internet : on peut demander conseil à un enseignant, à un conseiller d’orientation-psychologue de l’Éducation nationale, ou se rendre au CIO local. Enfin, on peut faire appel à un organisme privé pour faire un bilan d’orientation individualisé. C’est la solution la plus personnalisée et la plus complète pour aboutir à un projet personnel motivant.

Y a-t-il des spécialités obligatoires pour accéder à certaines formations ?

Les établissements du supérieur se sont engagés auprès du ministère de l’Éducation nationale à ce que plusieurs combinaisons d’enseignement de spécialités soient toujours possibles pour intégrer une formation. Toutefois, et en particulier pour les formations sélectives, la présence d’une spécialité en particulier sur le CV du candidat peut être fortement conseillée voire impérative. La spécialité mathématiques est par exemple indispensable pour une admission en classe prépa scientifique (MPSI ou MPI) ou en école d’ingénieur post bac ; de la même façon, la spécialité physique-chimie est requise pour candidater en prépa scientifique PCSI ou PTSI. Il ne faut pas hésiter à se renseigner directement auprès des formations visées pour savoir quelle spécialité devra faire l’objet d’un choix prioritaire.

Peut-on se passer des mathématiques en première ou en terminale ?

Les mathématiques ne font pas partie des enseignements de tronc commun de première et de terminale : par crainte de se fermer des portes au moment des choix d’orientation, de très nombreux élèves envisagent de choisir la spécialité maths, au moins en 1re. Ce choix n’est pas sans risque : il s’agit d’un enseignement très exigeant, qui peut poser de grosses difficultés aux élèves dont le niveau s’avère insuffisant et qui voient leurs notes plonger en première.

Mieux vaut donc renoncer aux mathématiques dès la fin de la seconde si le projet d’orientation ne rend pas cette matière indispensable, c’est-à-dire si on est sûr de ne pas vouloir faire d’études dans un des domaines suivants : sciences, médecine, économie, sciences sociales.

En ce qui concerne les mathématiques en terminale, les choix sont plus nombreux :

  • Les élèves peuvent abandonner la spécialité mathématiques pour suivre en terminale l’option « mathématiques complémentaires ». Cette option de 3 heures hebdomadaires est destinée aux élèves qui visent un parcours en médecine, en économie ou en sciences sociales. Cette option est également accessible aux lycéens n’ayant pas suivi la spécialité maths en première, à condition de suivre une remise à niveau.
  • Les lycéens qui veulent s’assurer un niveau très solide en mathématiques peuvent ajouter l’option « mathématiques expertes » à la spécialité mathématiques. Ils feront ainsi 9 h de maths par semaine.
  • Et bien sûr, il est possible d’abandonner tout enseignement mathématique, si cette matière est inutile au regard des formations supérieures envisagées.

Comment aider mon enfant à faire face à toutes ces nouvelles échéances ?

Les choix d’orientation et l’approche du bac sont sources de stress pour les enfants comme pour les parents, et il n’est pas toujours facile d’apporter son aide sans trop s’immiscer dans le travail à faire ou les décisions à prendre. Toutefois, on ne saura trop conseiller d’encourager et d’entretenir le dialogue sur tous ces sujets, que ce soit avec vous ou avec d’autres interlocuteurs si nécessaire : plus les questions et difficultés éventuelles comme les choix concernant son parcours ou la construction de son projet auront été anticipés, examinés, discutés, plus les prises de décision seront facilitées le moment venu.

L'auteur
Laëtitia Leroy est coordinatrice pédagogique chez Acadomia. Chargée de veille dans le domaine de l’actualité éducative (enquêtes et études, réformes, nouvelles méthodes et technologies de l’enseignement) elle élabore des outils et des ressources pour accompagner et développer l’ensemble de l’offre pédagogique.
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Laëtitia Leroy est coordinatrice pédagogique chez Acadomia. Chargée de veille dans le domaine de l’actualité éducative (enquêtes et études, réformes, nouvelles méthodes et technologies de l’enseignement) elle élabore des outils et des ressources pour accompagner et développer l’ensemble de l’offre pédagogique.

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