Stress aux examens : comment mieux accompagner nos enfants ?

7 juin 2022
Nous avons, en tant que parents, un rôle majeur à jouer dans les révisions et la préparation de nos enfants aux examens. Tout simplement parce que nous vivons ensemble. Mais il n’est pas toujours facile de gérer nos angoisses qui dépassent parfois celles de nos lycéens.

Selon un sondage IPSOS, les parents seraient davantage une source d’angoisse que d’encouragement pour un candidat au baccalauréat sur quatre. Afin de trouver le juste milieu entre trop de pression, trop d’attentes par rapport aux aînés et pas assez de soutien dans cette période de préparation, voici quelques principes simples qui rendront cette période pré-examens la plus sereine possible.

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Soutenez plus encore vos enfants

Ce qui serait malvenu, c’est de ne porter aucune attention à votre ado. C’est presque pire pour l’adolescent, c’est un abandon total. Il faut au contraire du soutien et de la coopération. Sachez vous mettre à l’écoute de votre enfant, n’hésitez pas à lui demander s’il a besoin d’aide. À l’approche du bac, les ados ont particulièrement besoin de notre affection, qui peut se traduire par des gestes simples et de petites attentions : leur préparer leur plat favori, leur acheter une babiole, leur offrir une nouvelle coque de téléphone, aérer leur chambre, etc. Loin d’être à leur service, vous les déchargez de leurs contingences matérielles le temps de leurs révisions…

Une relation apaisée vous aurez !

Admettez que le stress de votre enfant peut se retourner contre vous et le rendre agressif ou désagréable : ne réagissez pas à ces excès par la surenchère et l’incompréhension, aidez-le plutôt à exprimer son inquiétude et posez calmement des limites.

Accordez-lui votre confiance

Vous avez l’impression que votre lycéen ne s’inquiète pas de son avenir, qu’il pense trop à faire la fête ou à voir ses amis, ou bien que son attitude face au bac est trop désinvolte ? Détrompez-vous ! Malgré un côté parfois « je-m’en-foutiste », les lycéens sont généralement bien conscients de l’importance de leur réussite. Ils sont les premiers concernés par l’obtention du diplôme, puisque c’est leur vie future qui est en jeu. Vous pouvez par exemple autoriser les révisions au vert chez une grand-mère ou simplement à la bibliothèque municipale pour ceux qui ont du mal à se concentrer chez eux.

Instaurez et maintenez un rythme sain dans la vie quotidienne

Il n’existe pas ici de recette miracle, mais des conseils de bon sens pour préserver une bonne hygiène de vie pendant cette période : bien manger, bien dormir, se détendre… Veillez donc à ce que votre enfant s’alimente correctement et, par votre présence discrète, incitez-le à respecter ses temps de sommeil. Les derniers jours avant le bac, nombre de jeunes ont tendance à écourter leurs nuits. Or, pour bien récupérer, il faut compter entre 7 et 8 heures de sommeil d’affilée. Certains parents privent encore leur progéniture de sortie durant les révisions. C’est une mauvaise idée. Certes, il est indispensable de bachoter, mais s’accorder des moments de détente est tout aussi important pour des révisions efficaces. Et surtout, rien ne vaut une séance de sport pour libérer les tensions musculaires.

Relativisez pour mettre votre enfant en confiance, parlez de l’après…

Inutile d’être sur son dos tous les jours. À table, en famille, évitez de lui parler de son bac, ou de tout ce qu’il ne pourra pas faire s’il ne décroche pas le précieux sésame. Essayez plutôt de le divertir en parlant de vos prochaines vacances, par exemple. Montrez-lui que vous êtes confiant(e) et surtout, positivez. Rappelez-lui par exemple les examens qu’il a réussis précédemment, montrez-lui qu’il est capable de réussir.

Apprenez-lui à gérer son stress

Le stress est un sentiment très personnel : tout le monde ne stresse pas pour les mêmes raisons. En revanche, la réaction biologique à l’origine de ce malaise est similaire d’un individu à l’autre. Il s’agit d’un réflexe de notre organisme, une réponse de notre corps et de notre psychisme face à une situation imprévue ou vécue comme une agression. Le stress est une source avérée de dépassement de soi, mais c’est aussi un facteur bloquant dans l’apprentissage. Il faut donc apprendre à l’apprivoiser pour ne pas perdre ses moyens. Quelques étirements, une respiration calme et profonde permettent de ralentir son rythme cardiaque. Pour se mettre dans une attitude positive, il est aussi possible de se remémorer des réussites ou simplement les images d’un lieu apaisant.

Le jour J est arrivé ? Soyez prêt(e) ! Ultimes préparatifs

Pour éviter les oublis dus à la nervosité, préparez ses affaires (carte d’identité, convocation, montre, stylos, calculatrice, stylos, règles, …). Prévoyez deux réveils pour être sûr(e) qu’il se réveille à temps et proposez-lui un bon petit déjeuner, sans oublier quelque chose pour calmer une éventuelle faim ou baisse d’énergie comme des fruits secs, du sucre et de l’eau.

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Évitez les médicaments

Vitamines, phytothérapie, bêtabloquants… À l’approche des exams, des pilules en tous genres fleurissent sur les étals des pharmacies, tantôt pour lutter contre le stress, tantôt pour stimuler la mémoire. Nutritionnistes, sophrologues et autres coachs ont également flairé le bon filon. Nombre de parents sollicitent un coup de pouce auprès de leur médecin de famille ou de leur pharmacien. À savoir : les bêtabloquants sont à éviter en raison des risques de ralentissement cardiaque et de dépendance. Attention également à ce que votre lycéen ne carbure pas à la caféine ou au tabac qui peuvent causer des palpitations et exacerber la sensation de stress.

Ne l’obligez pas à vous rendre des comptes

À cet âge l’autonomie de votre enfant rime avec confiance. Si vous commencez à surveiller ses devoirs alors que vous ne l’aviez jamais fait avant, c’est comme si vous remettiez des petites roues à son vélo ! C’est violent et très dévalorisant pour l’adolescent. Il va se dire qu’on ne lui fait pas confiance. Alors qu’en fait, pour les parents, c’est leur propre angoisse qui parle. Efforcez-vous donc de l’accompagner, et non de l’obliger.

Évitez de l’assommer sous mille conseils, laissez-le respirer

Contrairement à ce que vous pensez, vous n’êtes pas le/la mieux placé(e) pour donner des conseils méthodologiques : les enseignants et une multitude de supports parascolaires sont là pour le faire. Si votre jeune vous en parle et seulement alors, vous pourrez lui suggérer de :

  • faire un planning de révisions alternant séances d’apprentissage et moments de détente ;
  • préparer des fiches et s’entraîner sur des annales en temps réel ;
  • varier les supports de révision : fiches, livres scolaires, applications mobiles, quiz, supports audio, vidéos, etc.

Ne pas imposer vos manières de faire

Vos manières de travailler vous conviennent, mais ce n’est pas nécessairement le cas pour votre adolescent. « Moi, je faisais comme ça » est la phrase type qui révulse la plupart des adolescents. Ils ont le sentiment que c’est quelque chose de très arbitraire, avec un mode impératif sous-jacent : « Fais des fiches », « Relis trois fois ton cours »… Il vaut mieux dire : « Il y a différentes manières de travailler, est-ce que tu en as essayé certaines ? Laquelle te semble être la plus efficace pour toi ? » Acceptez qu’il puisse refuser votre aide mais dites-lui qu’il peut toujours revenir vers vous s’il a le sentiment de piétiner.

Ne parlez pas d’éventuels échecs

À l’échelle d’une vie, qui se soucie de savoir qui a eu son bac du premier coup ? Personne.

Ne brandissez pas de menaces comme :« En travaillant comme ça, c’est sûr que tu vas dans le mur ! » Et si le jeune est découragé ou exprime une crainte de type « je n’y arriverai jamais », « je vais redoubler », quels que soient ses difficultés et ses résultats, restez po-si-tif/ve. « Aujourd’hui, tu fais tout ce que tu peux pour réussir. » Un jeune doit savoir que ses parents croient en lui, c’est important pour sa réussite. Ses plaintes ne sont d’ailleurs souvent que des appels à un encouragement. Vous pouvez dire par exemple : « C’est normal d’avoir l’impression d’avoir tout oublié, ne t’en fais pas, si tu révises bien, tout reviendra devant ta copie. » Et sachez éviter les révisions de dernière minute, trop souvent source de confusion.

Ne dédramatisez pas l’examen pour autant !

Pour rassurer leur enfant, certains parents sont tentés de relativiser l’échec. De lui dire que s’il échoue, ce n’est pas si grave, qu’il repassera son examen l’année prochaine. Ce n’est pas du tout approprié car ce n’est pas le moment. Mieux vaut éviter ce genre de poncif. Quel que soit le niveau de difficulté de l’examen préparé, gardez toujours à l’esprit que c’est important pour votre enfant.

Ne perdez pas confiance en vous !

Les parents ressentent souvent de la culpabilité. Ils se disent inconsciemment : « Je suis un mauvais parent, donc mon enfant a moins de chances que les autres de réussir » Pourtant nous sommes le meilleur pilier sur lequel peuvent se reposer nos ados. Aussi, durant cette période cruciale, faites plutôt preuve de force de caractère, soyez présent(e) et soutenez au mieux votre enfant, au lieu de le stresser davantage.

En guise de conclusion

À chaque parent de trouver la bonne attitude pour être le meilleur accompagnateur possible et apaiser les peurs de son enfant. Il est important de ne pas reporter sur votre enfant les possibles traumatismes que cette période de la vie vous a infligés. Pensez à vous placer plutôt comme des accompagnateurs de choix durant cette phase. Durant cette poignée de jours précédant l’examen, acceptez de laisser votre enfant tranquille. Pendant les épreuves, si un examen s’est mal passé, il faut encore le rassurer pour qu’il reste confiant et motivé pour la suite des épreuves et lui éviter ainsi de baisser les bras. L’enjeu est de permettre au jeune de rester motivé pour travailler. Ne lui en parlez pas mais, « entre nous », rappelez-vous que 80 % des jeunes décrochent leur bac chaque année et, s’il est dans un bon lycée, ce taux est plus élevé encore !

Bonne chance à tous !

L'auteur
Universitaire de formation, passionnée par le sujet de l’éducation, de la formation et la transmission des savoirs, un séjour de 13 ans au Royaume-Uni a donné à mon expertise de l’enseignement une vision internationale et ouverte au monde en changement.
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