Enfants, stress et maux de ventre

28 mai 2020
Les maux de ventre le matin avant de partir à l’école sont beaucoup plus fréquents que nous le pensons…

Les maux de ventre le matin avant de partir à l’école sont beaucoup plus fréquents que nous le pensons… 80 % des consultations en gastrologie pour enfants qui se plaignent de maux de ventre sont en réalité des enfants anxieux sans aucun problème gastrique.

Comment le stress rend-il nos enfants malades ?

L’école est le théâtre du stress de l’enfant et de l’adolescent… mais également des parents.

L’école véhicule toutes nos croyances et représentations autour de la réussite avec un grand R. Pour un parent, la réussite scolaire de l’enfant est souvent le gage de leur propre réussite à être un « bon parent ». Elle est alors la préoccupation majeure des parents au quotidien.

Pour l’enfant, l’école devient un terrain menaçant et dangereux où se niche des myriades de peurs : peur de la mauvaise note, peur de ne pas y arriver, peur du regard des autres, peur du rejet, peur de se sentir loin de chez soi,…toujours et encore la peur.

Et en même temps…comment y échapper ?

Le stress est un mal insidieux, omniprésente dans nos modes de vie agitées. Nous avons peu d’autres choix car la société nous dicte un rythme de vie et des exigences dont il est bien difficile de se soustraire. Nous vivons donc stressés et ce stress est l’ingrédient majeur de la plupart de nos maux psychologiques et également physique.

Le lien entre le corps et l’esprit…

Le stress est un poison pour l’organisme. Responsable d’un grand nombre de ces maladies du stress dont souffrent trop souvent nos enfants : maux de ventre et de tête, trouble du sommeil, de l’alimentation, anxiété aigue ou chronique, état dépressif… la liste est longue.

L’action du stress sur l’organisme s’appelle en psychologie un symptôme somatique. La somatisation apparait lorsque le débordement émotionnel est trop intense et violent pour que le psychisme puisse l’élaborer, le penser, le partager en mots…alors les maux apparaissent.

Alors comment aider nos enfants ?

La réduction du stress  est à l’origine des travaux entrepris autour de la médiation de pleine conscience. C’est pour le stress que Jon Kabat-Zinn a conçu et massivement développé cette pratique. Pour les enfants et les adolescents les résultats sont identiques :

Les programmes de méditations de pleine conscience ont fait l’objet de très nombreuses publications scientifiques pour en valider les multiples bénéfices : apaiser le stress, calmer l’agitation du mental, réguler les émotions mais aussi être plus calme, plus concentré, plus attentif, plus créatif, plus efficace, retrouver un profond sentiment de satisfaction de vie… et, comme le petit poucet, retrouver son chemin à l’intérieur de Soi pour faire émerger toutes ses ressources.

Et pour vous, parents, quelques conseils au quotidien :

  • L’idée est d’aider l’enfant à réajuster ses représentations par rapport à la réalité de ses compétences et de ses résultats. Lorsque l’enfant se pose un niveau d’exigence personnel trop élevé, il fonctionne dans ce qu’il croit qu’on attend de lui. Il s’agit alors de l’aider à questionner ses croyances qui sont souvent trop excessives pour mieux décoder les attentes des autres : parents, professeurs. « Est-ce que mes résultats sont aussi nuls que ce que je le crois ? Aux yeux de qui ? Par rapport à quoi ? » « Qu’est-ce que ça aurait changé si j’avais eu 14 au lieu de 16 ? Pour qui ? Pourquoi ? »…
  • Pour chacune des réussites de l’enfant, il est important de l’aider à expliciter les compétences et qualités qui lui ont permis de réussir cette tâche afin qu’il les reconnaisse et se les approprie. Quand je réussis, quelles sont les compétences que j’utilise, mes qualités ? Comment faire pour les généraliser dans les domaines où je me sens moins capable…
  • Face à un objectif élevé qui engendre du stress, il est essentiel d’aider l’enfant à trouver toujours des « issues de secours » à la perspective d’un éventuel échec. Le vide est anxiogène, n’hésitez pas à élaborer des chemins de traverse, des solutions alternatives pour apaiser le stress.
  • Prévoir dans l’emploi du temps de l’enfant des activités qui ne sollicitent pas la performance. Des activités où l’objectif n’est pas d’être fort ou d’être le premier, mais seulement de prendre du plaisir.
  • L’enfant anxieux face à ses résultats scolaires va d’emblée être convaincu que les autres vont être déçus. N’hésitez pas à le valoriser, exprimez votre fierté pour ses efforts, sa volonté, son envie de réussir. La réussite ne doit jamais être le seul objet de la fierté des parents.
  • Et bien sûr… restons vigilants aux :

  • « Bravo, mais… » qui annule l’effet positif de la valorisation. Partager ces deux injonctions dans deux temps différents : le temps de la valorisation est un moment où on pointe le positif et on exprime sa fierté. Le temps de la critique est un moment où on réfléchit ensemble à la progression de l’enfant.
  • « Ce n’est pas grave » qui dénigre les émotions de l’enfant. Un enfant stressé a besoin d’être reconnu et compris dans ses émotions. Si cette expression est utilisée pour dédramatiser et relativiser un événement, elle ne doit pas remplacer un moment de partage émotionnel avec l’enfant.

Une émotion n’est jamais anodine ou inadaptée, elle a toujours un sens pour l’enfant, elle doit être respectée et comprise.

 

Avez-vous apprécié cet article ?
Please wait...
Merci de noter l'article afin de nous permettre d'améliorer le blog
Laisser un commentaire
Commentaires
*
*

Tags

Articles