En quoi consiste le « grand oral » du bac 2021 ? Et comment s’y préparer ? 

Article mis à jour le 13 mars 2020
Nous vous proposons nos réponses aux questions que vous pouvez vous poser sur cette épreuve, ainsi que quelques premiers conseils pour l’aborder le plus sereinement possible ! 

Le « grand oral », épreuve inédite et pièce maîtresse du bac 2021, a été présenté comme une évolution significative dans la préparation et l’évaluation des lycéens : cette grande nouveauté vient en effet confirmer que la capacité à prendre la parole en public fait désormais partie des compétences-clés pour la réussite dans les études supérieures et dans la vie professionnelle. 

Nous vous proposons nos réponses aux questions que vous pouvez vous poser sur cette épreuve, ainsi que quelques premiers conseils pour l’aborder le plus sereinement possible ! 

Tout ce qu’il faut savoir sur le grand oral

Quand l’épreuve aura-t-elle lieu ?

L’épreuve de grand oral se déroulera au mois de juin de l’année de terminale. Elle fait partie des deux épreuves terminales organisées en toute fin d’année, avec la philosophie. Les deux autres épreuves terminales de l’année de terminale – qui portent sur les enseignements de spécialité suivis par l’élève se tiendront dès le deuxième trimestre. 

Quel est son coefficient ?

L’épreuve est dotée d’un coefficient 10 pour les candidats de la voie générale et d’un coefficient 14 pour les candidats des séries technologiques. Elle représente donc un enjeu important, au même titre que les autres épreuves terminales 

Pour mémoire, les coefficients des autres épreuves terminales sont les suivants : 10 pour l’épreuve anticipée de français passée en première (écrit et oral), 16 pour chacune des épreuves de spécialités, et, pour la philosophie, 8 pour les candidats de la voie générale et 4 pour ceux des séries technologiques. 

Comment se déroule l’épreuve ?

Le format de l’épreuve – durée, déroulement, critères d’évaluation a été précisé dans une note officielle datée du 13 février 2020.  

Elle dure 40 minutes en tout, avec 20 minutes de préparation et 20 minutes de passage. Elle se déroule en 3 temps :  

Temps 1. Le candidat présente au jury deux questions portant sur les enseignements de spécialité suivis en terminale. Ces questions, élaborées et préparées en amont par le candidat avec ses professeurs de spécialité, figurent sur un document officiel signé par les enseignants concernés et portant le cachet de l’établissement d’origine.  

Le jury choisit une des deux questions présentées par le candidat. Celui-ci dispose alors de 20 minutes pour préparer son intervention et réaliser, s’il le souhaite, un support à remettre au jury (un schéma, un graphique, une carte…).  

Suite à ce temps de préparation, le candidat a 5 minutes pour présenter son exposé au jury ; il doit effectuer cette présentation debout et sans l’aide d’aucune note. 

Temps 2. Cette intervention est suivie d’un entretien de 10 minutes : le jury interroge le candidat (qui a maintenant le droit de s’asseoir s’il le souhaite) pour l’amener à préciser certains points ou à approfondir sa pensée. Les questions du jury peuvent également porter sur l’ensemble du programme des enseignements de spécialité concernés. Le but de cet échange est de vérifier la solidité des connaissances de l’élève ainsi que ses capacités d’argumentation. 

Temps 3. Les 5 dernières minutes sont consacrées à un échange au sujet du projet d’orientation du candidat : il doit tout d’abord expliquer en quoi la question traitée est utile ou pertinente au regard de son projet d’études ; il expose ensuite les différentes étapes de la construction de ce projet (rencontres, engagements, stages, intérêt pour les enseignements communs, choix de ses spécialités, etc.) et indique la façon dont il compte le mener à bien après le bac.  Le jury est ici attentif à la qualité de la réflexion personnelle et aux motivations du candidat.  

L’épreuve est-elle la même pour la voie générale et la voie technologique ?

Oui. La seule différence porte sur les questions qui sont susceptibles d’être préparées et présentées par le candidat : si celui-ci est en terminale générale, ces questions peuvent se rapporter à une seule des spécialités suivies ou aux deux à la fois. S’il est en voie technologique, elles ne peuvent concerner qu’une des spécialités de la série de l’élève. 

Qui composera le jury de l’épreuve ?

Le jury sera composé de deux professeurs extérieurs au lycée du candidat, afin de garantir l’objectivité de son évaluation. Ces deux enseignants seront par ailleurs issus de disciplines différentes, l’un deux au moins étant en charge d’une des spécialités du candidat. Le second membre du jury pourra être un professeur de l’autre spécialité du candidat ou d’un des enseignements communs ou un professeur-documentaliste.  

Comment l’épreuve sera-t-elle évaluée ?

La performance du candidat sera notée sur 20 points. La grille d’évaluation indicative communiquée par le ministère comporte cinq critères d’évaluation, chacun étant doté de quatre niveaux d’appréciation (« très insuffisant », « insuffisant », « satisfaisant », « très satisfaisant »). Ces critères concernent : 

  • La qualité orale de l’épreuve, c’est-à-dire la capacité du candidat à utiliser sa voix pour capter l’attention de son auditoire (volume, débit, fluidité, variations et nuances pertinentes, etc.)et la richesse et la précision de son vocabulaire.  
  • La qualité de la prise de parole en continu ; on évalue ici la fluidité, l’articulation et la clarté du discours ainsi que la qualité de la syntaxe. 
  • La qualité des connaissances ; cet item concerne la solidité et la précision des connaissances du candidat mais aussi sa capacité à les mobiliser spontanément pour répondre de façon développée aux questions posées.   
  • La qualité de l’interaction avec le jury, c’est-à-dire l’engagement du candidat dans la communication, la pertinence de ses réactions et la richesse de l’échange qui en résulte. 
  • La qualité et la construction de l’argumentation : une prestation satisfaisante doit proposer une démonstration structurée et appuyée sur des arguments précis et pertinents. 

Quand les élèves pourront-ils se préparer à cette épreuve ?

La préparation de cette épreuve est censée commencer dès l’année de première et se poursuivre tout au long de celle de terminale. Le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a toutefois indiqué que les mois de mai et juin seraient particulièrement mis à profit pour préparer les élèves au grand oral : les épreuves écrites de spécialité se déroulant au deuxième trimestre, le temps d’enseignement restant serait alors consacré à l’élaboration des questions et à l’entraînement à l’oral. 

Comment se préparer pour un (grand) oral ?

Nul doute que cette nouvelle épreuve fasse déjà naître bien des craintes chez les lycéens qui devront l’affronter les premiers :  l’aisance à l’oral n’est pas le fort des élèves français faute d’avoir, jusqu’à présent, été enseignée, évaluée et valorisée. Les premiers candidats vont donc devoir s’aguerrir, et en un temps plus restreint que leurs successeurs. Trois étapes pour entamer sa révolution :  

Ne plus redouter le stress de l’oral

Avoir le trac à l’oral, être stressé à l’idée présenter un exposé, c’est normal ! La prise de parole en public (devant un jury, la classe entière…) est source de stress pour (presque) tout le monde.  Et ce stress ne doit pas être considéré comme un ennemi à terrasser, au contraire : le stress est un état d’hypervigilance qui permet de mobiliser toutes les ressources physiques et intellectuelles pour faire face à une situation jugée critique. Le trac de l’oral permet donc d’améliorer la performance, à condition toutefois de savoir le maintenir à un bon niveau : à trop forte dose, il peut être paralysant. De nombreuses techniques de gestion du stress permettent d’éviter cet écueil : elles sont à explorer et à expérimenter bien en amont de l’échéance.  

Multiplier les entraînements et les pratiques

Il faut profiter de la moindre occasion lors de son travail scolaire ou de ses révisions pour s’entraîner à l’oral, par exemple en :  

  • Lisant à voix haute des passages de ses livres ou de ses manuels. Cela permet de travailler l’élocution, l’intonation, tout en consolidant la compréhension et la mémorisation. Bien sûr, se proposer pour lire en classe est aussi un moyen peu coûteux de s’entraîner et de gagner en assurance. 
  • Jouant au prof. Tenter de présenter un cours à voix haute de façon fluide, comme un enseignant, est en outre un excellent moyen pour le mémoriser. Le faire face à un miroir, s’enregistrer ou se filmer permettra de percevoir ses défauts de « forme », et d’y remédier (problèmes éventuels d’articulation, de volume sonore, de prise de distance par rapport aux notes, de gestuelle). 
  • Parler anglais (ou espagnol, ou allemand…) à son chat : il faut aussi se préparer aux oraux de langue ! Par ailleurs, pour le grand oral, si la question traitée porte sur la spécialité langues, les deux premiers temps de l’épreuve peuvent se dérouler dans la langue vivante concernée, si le candidat le souhaite. On peut donc s’amuser à parler à la maison (pas uniquement avec son chat…) dans les langues apprises au lycée, pour que les mots viennent plus naturellement.  
  • Débattre, communiquer le plus souvent possible, saisir les occasions d’exprimer ses idées, son point de vue (en argumentant bien entendu). Il n’y a pas qu’en classe qu’on peut le faire !  
  •  Tester les « virelangues ». Les virelangues sont des phrases difficiles à prononcer que l’on répète pour apprendre à bien articuler à l’oral. Par exemple : « Qui crut croquer une crevette crue croqua une croquette craquante », « Natacha n’attacha pas son chat qui s’échappa, Sacha se fâcha » ou « je veux et j’exige d’exquises excuses ». 
  • Soigner les répétitions avant le jour J. Une intervention se répète autant de fois que nécessaire, jusqu’à ce que tout semble suffisamment naturel et fluide. Solliciter un « public test » ou se filmer est un bon moyen de voir ce qu’il faut encore travailler, qui doit concerner le fond mais aussi la forme : le regard, la posture, les gestes, les expressions faciales, les silences  
  • Anticiper l’entretien.  Un entretien, où il s’agit de répondre en direct aux questions d’un jury, ne peut, malgré les apparences, laisser place à l’improvisation. Comme pour toute activité, on n’arrive à un bon niveau qu’avec un entraînement régulier. Autrement dit : y aller « au talent », c’est le meilleur moyen d’échouer. 

Se lancer !

Avant même le jour J, il existe bien des occasions pour pratiquer la prise de parole en public : prendre la parole en cours dès qu’on n’a pas compris quelque chose, plutôt que de garder ses questions pour soi par peur de paraître stupide, est une première et excellente habitude à prendre 

Ne pas hésiter à répondre aux questions posées par l’enseignant en est une seconde : on peut procéder par étapes si on est timide, en commençant par participer quand le prof pose des questions simples auxquelles on peut répondre en une seule phrase. Puis, quand une fois les premières craintes dissipées, tenter de répondre plus longuement. 

Prendre l’habitude de soigner son expression, même dans les interactions les plus simples, est un autre bon pli à prendre : cela implique de répondre par une phrase complète, d’utiliser un vocabulaire précis, de réduire voire de bannir les tics de langage en vogue, qui parasitent le message (les « genre » et autres « en mode ») ; et bien sûr, d’apprendre à débattre en se fondant sur des arguments et non sur des affirmations gratuites(même quand il s’agit de défendre sa série préférée) ! 

Affronter enfin son public constituera la dernière étape du parcours : il faudra penser le jour J à respecter les règles élémentaires d’un oral d’examen : être à l’heure, soigner son apparence, faire preuve de courtoisiesaluer, sourireet de naturel, bref, se montrer ouvert et à l’écoute !  

L'auteur
Laëtitia Leroy est coordinatrice pédagogique chez Acadomia. Chargée de veille dans le domaine de l’actualité éducative (enquêtes et études, réformes, nouvelles méthodes et technologies de l’enseignement) elle élabore des outils et des ressources pour accompagner et développer l’ensemble de l’offre pédagogique.
Avez-vous apprécié cet article ?
Please wait...
Merci de noter l'article afin de nous permettre d'améliorer le blog
Laisser un commentaire
Commentaires
*
*

L'auteur
Laëtitia Leroy est coordinatrice pédagogique chez Acadomia. Chargée de veille dans le domaine de l’actualité éducative (enquêtes et études, réformes, nouvelles méthodes et technologies de l’enseignement) elle élabore des outils et des ressources pour accompagner et développer l’ensemble de l’offre pédagogique.

Tags

Articles