Comment aider mon enfant à surmonter la peur de l’échec ?

29 septembre 2021
La peur de l’échec, c’est-à-dire celle de ne pas réussir à atteindre les objectifs qu’on s’est fixés, est une cause d’anxiété connue de tous.

Le système éducatif français, où l’erreur est encore trop souvent au centre de la notation, serait même propice à rendre les petits Français particulièrement sensibles à ce type de crainte. Il faut donc, en tant que parent, y être attentif. Oui, mais comment ?

Cernez les enjeux

Pour chaque enfant, aller à l’école recouvre des enjeux divers. On distingue trois grands types d’enjeux : le premier est lié au besoin d’appartenance, c’est-à-dire à la nécessité de se sentir intégré(e) dans un groupe ; le deuxième relève du sentiment de compétence, qui se rattache aux croyances que l’enfant entretient au sujet de ses capacités d’apprentissage ; le troisième se rapporte au sentiment de contrôle, soit la mesure dans laquelle un individu pense pouvoir maîtriser les divers événements qui surviennent dans sa vie.

Identifiez sa peur de l’échec

« Est-ce que je vais me faire des amis ? », « Est-ce que ça ne va pas être trop difficile pour moi ? », « Est-ce que je vais pouvoir me débrouiller tout seul pour aller au collège ? » Chez un enfant ou un adolescent, la peur de l’échec peut revêtir bien des aspects et autant de questionnements, qui parfois nous échappent. Le sentiment d’échec est directement lié aux objectifs que votre enfant s’est fixés, sans forcément les verbaliser et sans forcément en avoir conscience. Soyez tout d’abord attentif à ce que votre enfant vous raconte de ses journées, aux questions qu’il se pose concernant sa scolarité : vous identifierez ce qui est important pour lui, et donc les domaines dans lesquels il peut craindre le plus l’échec.

Apprenez-lui à se connaître

Instaurer un dialogue régulier autour de sa scolarité participe à la prise de recul de l’enfant sur sa propre personne et sur ses capacités d’adaptation à son environnement scolaire. Pour lui apprendre à faire ce retour régulier sur soi et l’aider à se forger une idée juste de ses capacités à faire face aux différentes situations scolaires, posez-lui les questions que vous aimeriez qu’il se pose lui-même : demandez-lui par exemple quelles sont ses réussites de la journée, ce qu’il est parvenu à comprendre. Conviez-le également à partager ses difficultés, ses questions en suspens. Il prendra ainsi conscience de ses points forts et pointera du doigt ce sur quoi il peut travailler.

Dédramatisez les échecs

Commettre des erreurs fait partie intégrante de l’apprentissage. Se tromper sert à progresser : comprendre son erreur, c’est être capable de ne plus la reproduire et ainsi progresser pas à pas. Faites bien comprendre à votre enfant que « Madame ou Monsieur Parfait » n’existe pas. Dites-lui que les adultes aussi commettent des erreurs. Partagez votre propre expérience de vie, cela enrichira votre relation et votre enfant se rendra compte que vous relevez vous aussi des défis au quotidien. Se tromper fait tout simplement partie du jeu. L’école est faite pour apprendre et, par définition, s’aventurer dans l’inconnu implique un temps d’adaptation.

Valorisez ses efforts

Si les erreurs et les échecs font partie intégrante de la vie d’enfant comme de la vie d’adulte, le seul véritable échec serait de baisser les bras face aux difficultés. Encouragez donc votre enfant à fournir des efforts pour obtenir les résultats qu’il espère, favorisez sa curiosité afin qu’il développe le plaisir d’apprendre. Par exemple, si votre enfant rentre à la maison avec une mauvaise note en histoire, encouragez-le à reprendre son devoir et sa leçon pour comprendre ses erreurs afin qu’il vous explique ensuite ce qui n’a pas fonctionné. Ainsi, votre enfant corrigera de lui-même ses approximations tout en augmentant son sentiment de compétence. Félicitez-le lorsqu’il parvient à ce résultat.

Favorisez la confiance en soi

Le manque de confiance en soi peut instaurer un doute permanent dans la tête de nos enfants. Ce doute est directement lié à la peur de l’échec. En ce sens, et afin de pallier un potentiel manque de confiance en soi, n’hésitez pas à être positif ! Par exemple, évitez les comparaisons de valeur avec d’autres élèves ou d’autres membres de la fratrie, ou ces petites phrases qui fusent et peuvent renforcer la peur de l’échec : « Ta sœur y arrive bien, elle ! », « Pourtant c’est facile… », « Le sport, c’est vraiment pas ton truc »… mais valorisez au contraire ses efforts et, s’il rencontre des difficultés, réfléchissez avec lui à la façon de s’y prendre, proposez des solutions.

Accueillez ses émotions

Les enfants et les ados ont souvent des émotions décuplées par le manque d’expérience. Il est essentiel pour eux de pouvoir les exprimer sans voir dans l’adulte quelqu’un qui cherchera à minimiser, nier ou refuser ces émotions. Un parent peut parfois s’agacer face à une réaction jugée disproportionnée, ou se sentir démuni voire coupable devant l’anxiété de son enfant. Ainsi, si par exemple sa peur est de ne pas se faire de copains à l’école, cherchez à en comprendre la raison plutôt que de répondre : « Ça va vite passer, c’est l’affaire d’une semaine ! » Dans les faits, cela se vérifiera certainement, mais entretemps l’enfant se sentira repoussé, seul avec son anxiété, sans avoir pu la déconstruire. Au contraire, l’encourager à s’exprimer verbalement (ou par le jeu et le dessin pour les plus jeunes) favorisera son développement et son bien-être émotionnel.

N’oubliez pas enfin que les enfants imitent les adultes qui les entourent, qu’ils apprennent et construisent leur propre relation au monde en les regardant : questionner son propre rapport à l’échec, s’interroger sur sa capacité d’en tirer (ou non) parti est bon pour soi comme pour votre enfant !

L'auteur
Joffrey Mazoyer exerce en tant que coach scolaire au sein de l’agence Acadomia de Toulouse. Il intervient auprès des élèves et des étudiants pour les accompagner sur des problématiques liées à l’autonomie, l’organisation ou la motivation. Il anime le Co_Learning et des stages dans les agences de Toulouse Métropole traitant de thèmes liés au parascolaire.
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Joffrey Mazoyer exerce en tant que coach scolaire au sein de l’agence Acadomia de Toulouse. Il intervient auprès des élèves et des étudiants pour les accompagner sur des problématiques liées à l’autonomie, l’organisation ou la motivation. Il anime le Co_Learning et des stages dans les agences de Toulouse Métropole traitant de thèmes liés au parascolaire.

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