Brexit et conséquences : Le Royaume-Uni quitte Erasmus+ pour créer son propre programme mondial d’échange d’étudiants internationaux.

Article mis à jour le 11 février 2021 - 1 Commentaire(s)
Dans le cadre du Brexit entré en vigueur le 31 décembre 2020, les règles des accords sur les échanges d’étudiants internationaux sont totalement remis en cause puisque le Premier ministre britannique Boris Johnson a déclaré abandonner le programme européen d’échange pour les étudiants ERASMUS+.

Dans le cadre du Brexit entré en vigueur le 31 décembre 2020, les règles des accords sur les échanges d’étudiants internationaux sont totalement remis en cause puisque le Premier ministre britannique Boris Johnson a déclaré abandonner le programme européen d’échange pour les étudiants ERASMUS+.

Ce programme européen sera remplacé par le programme national à vocation mondiale « Alan TURING » (célèbre mathématicien britannique) afin que les étudiants britanniques puissent aller étudier dans les meilleures universités partout dans le monde, et plus seulement en Europe.

S’agissant des motifs du retrait du programme ERASMUS+, le Premier ministre a invoqué notamment des questions d’ordre financier.

Effectivement, le Royaume-Uni vivait une situation déséquilibrée depuis le début d’ERASMUS dans la mesure où ce programme reposait sur un système « d’échange » d’étudiants (1 étudiant envoyé pour 1 reçu), et que les étudiants britanniques étaient beaucoup moins nombreux à aller étudier en Europe que ne l’étaient les étudiants européens venant étudier au Royaume-Uni. Destination royale et rêvée pour une grande majorité d’étudiants, les grandes écoles françaises étaient souvent contraintes de payer – et faire payer – les places d’étudiants au Royaume-Uni parce que la balance d’échange était trop déséquilibrée… 

Quelles conséquences concrètes pour les étudiants français ? 

  • Maintien des accords d’échange en cours

Afin de garantir aux Européens étudiant actuellement au Royaume-Uni la pérennité de leur année, les échanges déjà prévus et/ou validés avant l’année 2020 ne sont pas annulés, même s’ils se déroulent après la fin de la période de transition.

Ce n’est donc qu’à compter de la rentrée universitaire 2021 que la fin des accords sera effective. Les étudiants de l’Union européenne voulant étudier dans une université britannique (hors mobilité encadrée par un partenariat entre l’établissement d’origine et l’établissement britannique) devront alors payer des droits de scolarité majorés applicables aux étudiants internationaux.

  • À première vue, double peine financière pour les étudiants français 
  • Les droits d’inscription en université britannique risquent d’augmenter fortement si l’étudiant part hors (futur) accord de mobilité ; en effet, ce sont les tarifs « étudiants internationaux » qui s’appliqueront, de l’ordre 7 000 à 8 000 euros l’année, voire plus pour les établissements les plus prestigieux.
  • Les étudiants français ne pourront plus bénéficier de la bourse mensuelle ERASMUS versée par la France pour partir en échange au Royaume-Uni.
  • Mais des accords bilatéraux existent déjà – hors ERASMUS – entre des établissements français et britanniques

Certains établissements bénéficient déjà de conventions d’échange avec des établissements britanniques hors programme ERASMUS+, qui permettront aux étudiants de continuer à étudier au Royaume-Uni aux mêmes conditions qu’avant le Brexit.

  • Et des accords bilatéraux sont à venir dans le cadre du « programme Turing »

Le retrait du Royaume-Uni d’ERASMUS+ ne signifie en aucun cas que les universités britanniques ne recevront plus d’étudiants internationaux, dont les Français. En effet, l’objectif du futur programme Turing est de signer des conventions d’échange avec les meilleures universités du monde entier et laisse à penser que de tels accords vont être signés avec des établissements français. La particularité du système français des grandes écoles ne devrait pas être un frein à la signature de conventions entre ces écoles supérieures et les établissements britanniques, au même titre que les universités françaises.

Quid de la reconnaissance des diplômes ?

Tout diplôme britannique garde sa reconnaissance en France : la validation des crédits ECTS n’est effectivement pas remise en cause.

Quelles sont les formalités administratives nécessaires pour étudier au Royaume-Uni en 2021 ?

  • Le passeport devient obligatoire à compter du 1er octobre 2021

Jusqu’au 1er octobre 2021, une carte d’identité suffit pour entrer sur le territoire britannique. À compter de cette date, le passeport sera exigé.

  • Dans certains cas, un visa pourra être demandé

À priori, le visa ne sera pas obligatoire pour des séjours d’études de moins de 6 mois, mais des autorisations pourraient être demandées afin de vérifier la véracité du statut d’étudiant.

Pour une période d’études plus longue, de 6 à 11 mois, des formalités supplémentaires seront à remplir, notamment via le « short-term students » (qui permettra peut-être de travailler en plus de suivre des études, mais encore à préciser par le RU).

  • Fin de la carte européenne d’assurance maladie

La carte européenne d’assurance maladie (CEAM) n’est désormais plus valable au Royaume-Uni.

Une exception toutefois pour les étudiants dont le cursus a commencé avant le 31 décembre 2020, dont la carte reste valide jusqu’à la fin du cursus.

Pour les futurs étudiants, il sera nécessaire de souscrire une assurance auprès de la caisse des Français de l’étranger (ou d’un organisme privé).

De nouvelles précisions sur le programme Turing devraient être annoncées dans les semaines ou mois à venir, cet article sera mis à jour dès réception de ces informations.

L'auteur
Elisabeth Laurent est responsable des partenariats et coordinatrice internationale chez Acadomia. Elle met en place des solutions éducatives pour les villes, bailleurs sociaux, grandes écoles et entreprises, et pour les familles expatriées à l’étranger.
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1 Commentaire(s)
  • Birgitta Le 18 mars 2021

    Le coût des études universitaires est le même dans toutes les universités (sauf Écosse) que ce soit Oxford, Bristol ou Manchester: il est fixé par le gouvernement. À l’heure actuelle il est à environ 9.500/10.000 euros par an pour les étudiants britanniques ou UE, Suisse, Norvège. Pour les ‘autres’ cela est beaucoup plus cher allant de 15.000 à 36.000 euros suivant la matière.
    En ce qui concerne le programme Erasmus qui cessera d’être pour le Royaume Uni il semblerait logique que les gouvernements ou l’UE payent les frais pour leurs étudiants.

L'auteur
Elisabeth Laurent est responsable des partenariats et coordinatrice internationale chez Acadomia. Elle met en place des solutions éducatives pour les villes, bailleurs sociaux, grandes écoles et entreprises, et pour les familles expatriées à l’étranger.

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