Stress, es-tu là ? Stress, qui es-tu ?

13 mars 2020
Ah là là, le stress ! Quel stress ! Le stress est un peu devenu une star. Il devient dans nos vies l’ennemi public numéro 1

Ah là là, le stress ! Quel stress ! Le stress est un peu devenu une star. Il devient dans nos vies l’ennemi public numéro 1. On le traque, on le guette, on le combat. Enfin, quand on y arrive. Car c’est bien la question. Peut-on lutter contre le stress, le maîtriser ? Peut-on s’en débarrasser ? Être délivré, libéré ? La réponse est très optimiste. C’est oui ! Le stress se laisse apprivoiser, dompter, amadouer. Oui et oui. Mais seulement si on s’approche doucement et qu’on comprend un peu mieux ce qu’est ce stress qui nous fait si peur. Le stress est une tension, une tension qui se manifeste dans le corps, dans le cœur, dans le cerveau. Une tension qui signale la présence d’un danger. Auquel il faut s’adapter.

Quand apparaît le stress, qui est une forme courante de peur, nous analysons très vite la situation. Avec deux questions automatiques et totalement inconscientes :

1 : Est-ce que je vais y arriver, est-ce que j’ai les moyens de surmonter la situation, est-ce que j’ai les compétences pour réussir ? Si la réponse est oui, alors se déclenche toute une série d’hormones bienfaisantes, l’adrénaline, qui nous donne l’élan, la dopamine qui nous booste, les endorphines qui alimentent notre confiance en nous. Et voilà, celui-là est le bon stress, celui qui nous rend plus rapide, plus intelligent, plus motivé ! Celui qui mobilise nos ressources et dont nous avons besoin tout le temps dans notre vie et encore plus face à une situation importante pour nous comme un examen.

2 : Si on a soudain l’impression, au moment où l’on ressent le stress, que c’est trop difficile, qu’on n’y arrivera jamais, qu’on n’a pas suffisamment de temps… le stress devient un obstacle, et badaboum, c’est le stress négatif. Et c’est lui qui nous fait peur bien sûr. C’est normal car dans ces moments-là notre corps sécrète du cortisol, la principale hormone du stress et la plus virulente. C’est un véritable poison pour notre cerveau. Quand le stress négatif nous envahit, tout est figé. Le cortisol bloque tout et plus rien ne peut se passer. Pour un examen, même si on sait faire, même si on a bien appris, même si on a beaucoup révisé, le stress brouille notre capacité à penser, tout s’embrouille, c’est le trou noir.

Et tout vient de notre discours intérieur. Ce qu’en psychologie on appelle les « métacognitions », tout ce blabla que l’on se raconte dans la tête. Très lié à la confiance en soi, bien sûr ! Si j’ai une estime de moi suffisante, je doute moins de mes capacités et surtout je me dis (le commentaire dans ma tête) que je vais bien trouver un moyen d’y arriver. Si, à l’inverse, j’ai trop souvent l’impression que je suis nul, que j’ai un piètre sentiment de compétence, alors ce sont des pensées limitantes qui vont tout de suite s’activer. Le « je n’y arriverai jamais » est dans le top 3 des pensées les plus… stressantes !

Alors, comment faire ? Déjà, il est vraiment important de se souvenir que le bon stress fait partie de nos meilleurs amis. Parfois, quand on ressent du stress, on peut se dire, tiens, bonjour toi, vas-tu m’aider, vas-tu me donner les forces de surmonter le problème ? Considérer le stress comme la potion magique d’Astérix, même si on n’est pas tombé dedans quand on était petit, et qu’il nous arrive fréquemment d’avoir peur, nous permet déjà de nous mobiliser. Ce n’est pas le stress le plus fort puisque nous pouvons lui parler, nous pouvons le considérer comme un élément extérieur, vous me suivez ? Et nous avons tous des ressources, parfois il suffit de voir les choses autrement et on les retrouve ! Même quand on a l’impression que rien ne va plus.

Quand le stress est trop fort, qu’on coule, et qu’on n’arrive plus à s’en dépêtrer pour trouver un peu de lumière, il existe d’autres possibilités dont une majeure : respirer ! C’est vrai, ça paraît simpliste ! Mais je vous explique : prendre deux ou trois grandes respirations fait baisser de 90 % une autre hormone du stress, la noradrénaline ! Ouf, ça va déjà un peu mieux et dans cette éclaircie je peux m’activer pour rassembler mes moyens avant la deuxième vague de stress. Une autre possibilité ? Poser sa main sur le bureau et, pendant trois minutes, simplement se concentrer sur ce que l’on ressent dans la main : la pression de la paume sur la table, la moiteur peut-être, la fraîcheur du dessus de la main, la différence de sensation dans chacun des doigts… Et pendant ce petit exercice, les pensées vont s’agiter, dont la principale : je perds du temps, il faut que je lise la consigne, etc. Mais c’est ok de penser ça, sauf que l’on revient doucement aux sensations de la main. Juste trois minutes pour dégager le stress, ça vaut le coup, non ?

Une troisième idée : s’amuser de ces pensées qui nous attaquent ! Les observer. Comme des corbeaux qui planeraient au-dessus de nos têtes : tiens, je te vois toi, la pensée « je suis nul » ; toi aussi, l’oiseau de mauvais augure « je n’y arriverai pas », et toi, tu crois que je ne t’entends pas, qui crie que je n’aurai jamais le temps… Dès qu’on défusionne (c’est le mot chic et psychologique !) avec ses pensées, elles sont moins agressives. Ce qui veut dire qu’on ne se laisse pas envahir par elle sans s’en rendre compte. On ne devient pas sa pensée. Ce n’est plus « je suis nul », mais « j’ai la pensée que je suis nul ». Et si c’est une pensée, je ne suis pas obligé de la suivre ou de la croire. C’est juste une pensée ! Vous comprenez ?

Bien sûr, quand on repère que le stress est vraiment trop, trop envahissant et trop fréquent, il faut s’en préoccuper sérieusement avant qu’il devienne sérieusement pénalisant. Car le mauvais stress est très nuisible, non seulement il nous empêche de penser mais il peut s’attaquer à notre santé. Comme le fameux burn-out qui est une maladie du stress. Ou comme ce stress invalidant qui nous pétrifie à chaque moment important de la vie et peut nous faire louper des examens, des entretiens… Et qui peut toucher tout le monde, à n’importe quel âge. Peut-être est-ce le moment de se faire aider, de se faire accompagner pour retrouver une meilleure confiance en soi et réapprendre à se relier à toutes ses ressources.

Et si on commençait par un petit exercice, tout simple mais tellement efficace : tous les soirs, avant de se coucher, on se souvient de trois choses, trois événements, trois situations qui nous ont rendu fier de nous. Pas des grandes choses, non, sauf s’il y en a, mais des petites victoires. Aujourd’hui, je suis fier de moi parce que… Nous vivons tant de petites fiertés dans une journée, mais notre cerveau ne les repère pas, sauf si on s’entraîne. Ainsi nous remplissons notre réserve de ressources, et en cas de grand stress, on peut aller puiser dedans, notre corps est mieux préparé, notre cerveau est alimenté d’hormones bienfaisantes, le stress aura moins d’emprise. Petit exercice, grands effets ! Validé par la science à condition de le consommer sans modération ! Bon stress !

L'auteur
Psychologue, auteure, fondatrice de Cogito’Z. Conseillère d’Acadomia en charge de l’innovation psycho-pédagogique.
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Psychologue, auteure, fondatrice de Cogito’Z. Conseillère d’Acadomia en charge de l’innovation psycho-pédagogique.

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