Vaincre la peur de l’échec… et savoir rebondir

Article mis à jour le 13 janvier 2022
Miles Davis, le fameux jazzman trompettiste, disait : « Quand nous jouons une note, seule la suivante permettra de dire si elle était juste ou fausse. » Cette phrase peut résonner chez beaucoup d’entre nous, et nous inviter à réfléchir sur la relation que nous entretenons avec l’échec.

En effet, dans toutes nos activités, mais particulièrement quand elles comptent pour nous, l’enjeu de réussir est omniprésent : nous devons « y arriver ». Sinon, notre petite voix intérieure s’empresse d’en tirer des conclusions alarmantes ou négatives. Ces pensées nous empêchent très souvent d’aller au bout de ce que nous avions entrepris. Nous n’osons pas jouer la deuxième note après avoir joué la première.

Qu’est-ce (vraiment) que l’échec ?

Si l’on s’attache à l’étymologie du mot, « échec », par glissement sémantique, vient de l’arabe sheykh (le roi) et dérive du jeu de table indo-persan. L’expression « échec et mat » signifie « le roi est mort » − après s’être livré à une bataille stratégique et symbolique. Par extension, quand on est en échec, comme sur le plateau, on est encerclé, paralysé : c’est la fin d’une action qui ne peut plus aboutir, en clair la défaite complète. Pourtant, l’échec n’est souvent que partiel ou relatif. Il est surtout, tout comme son opposé apparent, la réussite, une chose très subjective. Donner sa propre définition de la réussite est déjà un beau défi.

La peur de l’échec réside surtout dans l’idée de perdre la face aux yeux des autres. Imaginons que je fasse ce choix, conduise ce projet et que je rate : que va-t-on penser de moi, que vont dire les autres, mes proches ? La peur de l’échec est avant tout question de projection, d’anticipation. Vaincre la peur de l’échec, c’est avant tout admettre qu’il n’y a pas de vie sans échec afin d’en relativiser le risque ; c’est aussi décider la façon dont un échec doit être perçu : par rapport à soi-même et à ses propres objectifs.

Comment limiter le risque (et la peur) de l’échec ?

Quelques méthodes plus concrètes pour parvenir à surmonter sa peur de l’échec :

  • Se donner du temps pour réussir : vous ne parlez toujours pas un anglais professionnel impeccable ? Se former à l’apprentissage d’une langue peut se faire toute la vie, mais il faut être patient. Parfois, les résultats ne sont visibles qu’après quelques mois.
  • Avoir un regard (suffisamment) objectif sur soi pour identifier ses domaines de compétence et ce qu’il faut encore travailler pour s’améliorer.
  • Accepter si nécessaire de repartir de zéro : le « start from scratch », comme on l’entend parfois en entreprise, est souvent la bonne option pour reconstruire ou innover.
  • Dompter la peur du regard des autres: c’est de votre vie qu’il s’agit, et les autres auront toujours une remarque ou plus à vous faire. Les critiques littéraires ont rarement écrit un livre mais ils aident à penser l’œuvre et le projet littéraire. Vous êtes un peu ce livre…
  • Évaluer ses exigences… de perfection. Visez ce qui est atteignable et à votre portée.
  • Avoir le courage de faire et d’agir : l’inaction ne mène ni à l’échec… ni au succès.
  • Progresser par étapes pour persévérer. Se fixer des objectifs progressifs et réalistes permet de limiter les risques d’abandon et d’échec. La durée est votre alliée, mener un projet à bien mérite réflexion et temps.
  • Suivez vos intuitions et passez à l’action quand vous êtes prêt.

La crise sanitaire, un contexte propice à la prise de risque ?

La crise sanitaire mondiale que nous vivons actuellement rayonne sur nos vies personnelles et professionnelles. Les salariés français remettent en question leur qualité de vie et leurs choix individuels dans ce contexte inédit. Ainsi, selon une étude du CSA*, 1 actif sur 5 est en reconversion professionnelle et 1 sur 2 a dans l’idée de démarrer une formation dans l’année. Or le changement implique nécessairement des craintes et des questionnements.

Se faire accompagner pour augmenter ses chances de réussite est souvent nécessaire. En bénéficiant de conseils d’experts, il est plus simple de réfléchir et de donner du sens à son projet. Effectuer un bilan de compétences avec un professionnel est souvent recommandé : cela permet d’en savoir plus sur soi, ses points forts et ses axes de progression. C’est par exemple l’occasion de découvrir (ou d’admettre) que l’encadrement d’une équipe n’est en fait pas du tout une bonne idée, mais que vos qualités d’assertivité peuvent vous donner des opportunités. Ces bilans participent à l’introspection. Cogito ergo sum…

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À l’issue d’un bilan, vous serez à même de choisir une formation qui vous forme réellement plutôt qu’une formation qui vous conforte. On ne le sait que trop bien, le salarié se forme trop souvent à ce qu’il connaît par peur de l’échec et de la nouveauté.

Néanmoins, malgré les interrogations et les « si », le constat est là : la prise de risque n’a jamais été aussi importante et le nombre de formations chez les actifs augmente tous les jours. Alors soyez bon joueur et acceptez les défaites. Incertitudes et volonté de changement n’ont jamais aussi bien cohabité…

*2e baromètre de la formation et de l’emploi réalisé par Centre Info avec l’institut CSA fév. 2021.

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